Relation soignant-soigné : comment instaurer un lien de confiance quand le soin devient difficile ?

« Non. Je ne veux pas. Laissez-moi tranquille ! » Un patient refuse son pansement, son traitement.
Pourtant, en tant que soignant(e), vous voyez que le soin est à réaliser.
Que faire face au refus du patient ? Insister ? Convaincre ? Consentir au refus ?

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Comment construire la relation soignant-soigné quand le patient refuse ? Dans cet article basé sur l’expérience de soignants et abordant aussi l’aspect légal, des clés concrètes sont données pour gérer un refus ou réparer une relation fragilisée.

Pourquoi la relation soignant-soigné devient parfois difficile

En théorie, tout est assez simple : la relation soignant-soigné est une relation professionnelle entre une personne vivant un moment de vulnérabilité et un professionnel chargé d'accompagner, d'informer et de respecter les choix du patient. Cette relation repose sur la confiance, l'écoute, la communication, le respect et le consentement.

Dans la réalité, cette relation ne se construit pas forcément facilement car elle est prise entre deux exigences : garantir les soins nécessaires au patient tout en honorant son droit à décider et donc potentiellement à refuser.

Soignant-soigné : une relation asymétrique

Une première source de tension peut s’expliquer d’abord par la place très différente qu’occupent le patient et le soignant dans la relation.

Le patient se trouve dans un moment de vulnérabilité. Malade, douloureux ou dépendant, il peut être désorienté, privé de ses habitudes et contraint de s’adapter au rythme du service. Il expose aussi son corps et son intimité à des professionnels qu’il ne connaît pas.
Le soignant, lui, possède les connaissances, maîtrise l’information médicale, organise les soins et représente l’institution. Il s’efforce à voir son patient au-delà du soin qui est à réaliser afin de le considérer dans sa globalité. On parle de médecine holistique. C’est un enjeu pour le soignant que de tendre à une relation symétrique avec son patient.
Si cette asymétrie pourtant inhérente à la relation de soin se rigidifie, elle peut engendrer des tensions lorsque le patient a le sentiment de ne plus avoir aucune prise sur ce qui lui arrive.

Se voir imposer un soin alors qu’il ne se sent pas prêt, ne pas comprendre les mots employés ou ne pas pouvoir intervenir sur le rythme d’un geste peut renforcer cette impression de perte de contrôle ou un manque d’écoute ou de respect.

L’enjeu consiste donc à assurer les soins nécessaires tout en préservant autant que possible l’autonomie du patient. Un équilibre de plus en plus difficile à tenir dans le quotidien des soignants, marqué par le manque de temps, les effectifs réduits et les sollicitations incessantes.

Ce que le refus provoque chez le soignant

Quand un patient refuse,le professionnel peut ressentir de l'incompréhension, de l'agacement, de l'impuissance, de la peur pour le patient, le sentiment de ne pas avoir été « suffisant ». Et cela est tout à fait normal.

Ici, il faut être honnête : un refus de soins ne remet pas seulement en question un acte technique. Il peut toucher le soignant dans son identité professionnelle, en l'empêchant d'accomplir ce qu'il considère comme nécessaire.

Lorsque je ressens de l’incompréhension ou de l’agacement, je peux me poser cette question :

Est-ce que cette émotion m'aide à comprendre ce qu’il se passe, ou m’empêche de continuer à faire mon travail sereinement ?

Ce que le patient cherche à protéger

Le refus peut venir de la peur, de la douleur, d'une mauvaise expérience antérieure, de l'incompréhension, de la fatigue extrême, du sentiment de perdre le contrôle, d'une atteinte à l'intimité, ou de la défiance envers l'institution.

Il est important de bien comprendre que le refus est rarement un rejet du professionnel. C'est souvent une tentative de reprendre du pouvoir sur une situation subie.

Un patient qui dit non au pansement ne dit pas nécessairement non à son infirmière. Il dit : « Dans cette situation où j'ai perdu beaucoup de contrôle, je reprends du pouvoir en refusant ceci. »

Peut-on imposer un soin ? Ce que dit la loi

Non. Selon l'article L.1111-4 du Code de la santé publique, aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé du patient. Ce consentement peut être retiré à tout moment, même au risque de sa vie. Il n'existe aucune possibilité légale d'obliger quelqu'un à se soigner.

Exception unique : En cas d'urgence vitale sans solution alternative, après avoir tenté de convaincre le patient.

Votre responsabilité : Informer clairement, vérifier la compréhension, documenter le refus au dossier. Pas imposer.

Clé n°1 – Instaurer une relation de confiance avant de rechercher l'adhésion aux soins

Le piège courant est de croire qu'une bonne explication devrait automatiquement conduire le patient à accepter. Cette logique oublie que la confiance et l'adhésion ne suivent pas la même temporalité. La confiance se construit d'abord. L'adhésion vient après… ou parfois pas du tout. Ce n’est pas garanti dans la relation soignant soigné, comme dans toute relation.

Écouter vraiment avant d'expliquer

Une écoute active ne consiste pas à attendre que le patient finisse par accepter pour proposer sa solution. Elle consiste à chercher le vrai obstacle.

Questions possibles :

  • « Qu'est-ce qui vous inquiète le plus dans ce soin ? »
  • « Avez-vous déjà vécu une mauvaise expérience avec ce type de geste ? »
  • « Qu'est-ce qui pourrait vous aider à vous sentir en sécurité ? »
  • « Quelles questions vous posez-vous avant qu’on commence ? »

Observez aussi ce que le corps dit : une crispation, un retrait, un regard fuyant, une respiration plus rapide. La communication non verbale peut souvent signaler une peur que le patient n'arrive pas à formuler. Elle tient une grande place dans la communication !

À éviter absolument : les paroles faussement rassurantes comme « Ce n'est rien » ou « Vous avez déjà connu pire » qui ferment instantanément le dialogue. Mieux vaut : « Je vois que ce soin vous inquiète. Dites-moi ce que vous redoutez le plus. »

Recueillir un consentement vraiment libre et éclairé

Le consentement n'est pas juste l'absence d'opposition. Pour pouvoir décider, le patient doit recevoir une information compréhensible, adaptée à sa situation, suffisamment complète, délivrée dans des conditions permettant le dialogue.

Et il faut vérifier la compréhension. Plutôt que « Vous avez compris ? », demander : « Pouvez-vous me dire avec vos mots ce que vous avez compris ? »

Important : le consentement peut évoluer. Un patient peut accepter puis changer d'avis. Il peut refuser puis demander le soin plus tard. Il peut accepter une partie de la prise en charge et en refuser une autre. Cela traduit une forme d’ambivalence.

Redonner des choix, même quand le soin paraît indispensable

L'autonomie du patient ne se joue pas uniquement entre accepter et refuser globalement.

Le professionnel peut souvent proposer :

  • Le moment du soin ;
  • La position du patient ;
  • Le rythme ou les étapes ;
  • La présence d'un proche ;
  • L'utilisation préalable d'un traitement antalgique
  • L'interruption temporaire si le patient le demande ;
  • Quand c'est possible, le choix d’un autre professionnel pour effectuer le soin.

Ces choix partiels et parfois même anodins redonnent au patient une part de contrôle. Et quand on a un peu de contrôle, on a tendance à moins refuser.

Maintenir la relation soignant soigné après un refus

Le refus d'un soin ne doit jamais devenir un refus de la personne. Même en cas de désaccord, il est essentiel de continuer à écouter, informer, surveiller, soulager, proposer des alternatives, réévaluer la situation.

Autrement dit, respecter l'autonomie du patient ne signifie ni approuver tous ses choix ni l'abandonner aux conséquences. Cela signifie le maintenir dans la relation, même en cas de divergence

Clé n°2 - Mobiliser l'empathie sans s’y perdre

Distinguer empathie, sympathie et identification

L'empathie est essentielle dans la relation soignant soigné. Mais elle peut comporter un risque : absorber progressivement la souffrance du patient jusqu'à l'épuisement.

Les signes peuvent être les suivants :

  • Redouter certains patients ;
  • Se sentir vidé après chaque échange ;
  • Penser constamment à un patient en dehors du travail ;
    Eprouver une responsabilité démesurée ;
  • Devenir cynique ou détaché.

Cette fatigue n'est pas une faiblesse. C'est une vraie difficulté professionnelle. Quand vous la reconnaissez, il est temps de demander un relais ou d’en parler à l'équipe.

Maintenir une juste proximité professionnelle sans devenir froid

La juste proximité professionnelle n'est pas une règle fixe. Elle varie selon la personnalité du patient, son degré d'autonomie, la durée du suivi, la nature du soin, son état émotionnel.

Une distance excessive dans la relation soignant soigné se manifeste par des échanges uniquement techniques, l'absence de regard, des gestes sans explication, l'évitement des émotions, le fait de parler du patient sans lui parler.

Au contraire, une trop grande proximité apparaît quand on donne ses coordonnées personnelles, on fait des confidences répétées, on accorde des privilèges, on se sent indispensable, on vit mal le fait qu'un collègue prenne le relais.

« L’attention doit être portée à trouver la distance juste, ou plutôt la proximité la plus juste et la plus respectueuse : celle qui permet d’aider l’autre sans le posséder, sans le contraindre, sans faire des choses à sa place alors qu’il pourrait les faire et réciproquement sans que le soignant lui-même ne se sente possédé ni contraint. Cette juste proximité aide à regarder l’autre tel qu’il vit sa propre souffrance, et non pas tel que je pense, je crois, ou j’ai peur qu’il la vive. Plus un soignant trouvera la meilleure proximité avec le patient, plus il aidera cette personne à trouver la distance juste avec sa propre souffrance. »

Jean Guilhem Xerri, psychanalyste

Question à se poser :

Est-ce que ce geste répond au besoin du patient ou à mon besoin d'être apprécié, reconnu ou utile ?

Bien entendu, le professionnalisme n'interdit pas l'humour, la compassion, une émotion visible, une parole personnelle mesurée. Il permet simplement que le lien dans la relation soignant soigné reste au service du patient (et non au service du professionnel).

Clé n°3 - Poser des limites sans rompre la relation soignant-soigné

Dans la relation soignant soigné, poser une limite n'est pas rejeter le patient. C'est protéger la relation et la continuité des soins. Or les meilleures limites suivent un schéma simple :

1. Reconnaître la demande ou l'émotion ;

2. Expliquer clairement la limite ;

3. Proposer une alternative si possible.

Exemple concret :

Patient : « J'aimerais pouvoir vous appeler directement après ma sortie. »
Réponse : « Je comprends que vous souhaiteriez continuer à être accompagné après votre départ. Je ne peux pas vous donner mon numéro personnel. Je vais vous transmettre les coordonnées du service que vous pourrez contacter 24h/24. »

Cette formulation reconnaît le besoin, explique la limite sans culpabiliser, propose une solution.

Répondre à l'agressivité sans accepter la violence

La douleur, la peur ou le sentiment de perdre le contrôle peuvent conduire un patient à exprimer vivement son mécontentement. Comprendre l’origine de cette réaction aide le soignant à ajuster sa réponse, mais ne l’oblige pas à accepter les insultes, les menaces ou la violence.

Face à une agressivité verbale, il peut reconnaître l’émotion du patient tout en posant clairement la limite : « J’entends que vous êtes très en colère et je souhaite continuer à vous aider. En revanche, je ne peux pas poursuivre cet échange dans ces conditions. Nous pouvons reprendre la discussion plus calmement ou demander à un collègue de nous rejoindre. »

La réponse doit évidemment s’adapter à la gravité de la situation. Un patient mécontent n’appelle pas la même réaction qu’une personne menaçante ou violente. Dans tous les cas, le cadre posé vise à protéger le soignant, le patient, les autres personnes présentes et la continuité des soins.

Clé n°4 - Réparer la relation après une maladresse ou un conflit

Malgré toutes les précautions, une relation de soin peut se tendre ou se fragiliser. L’enjeu n’est alors pas de faire comme si rien ne s’était passé, mais de savoir revenir vers le patient pour rétablir le dialogue et préserver la confiance.

Répondre à l'agressivité sans accepter la violence

Un soin peut être techniquement réussi mais humainement mal vécu. Réalisation trop rapide, douleur insuffisamment prise en compte, information annoncée brutalement, intimité mal protégée, ton trop sec après plusieurs sollicitations.

Le soignant peut alors proposer : « J'aimerais revenir sur notre échange de tout à l'heure. J'ai senti qu'il s'était mal passé. Comment l'avez-vous vécu ? »

Cette formulation reconnaît qu'un problème a existé, ne préjuge pas de la réponse, redonne place à la parole du patient, permet de clarifier ce qui a été mal compris.

Présenter des excuses sans perdre sa légitimité

S'excuser ne signifie pas reconnaître que le patient a raison sur tout.

Le professionnel peut reconnaître un ton maladroit, un manque d'explication, une réaction trop rapide, une promesse non tenue.

Par exemple : « Je vous ai répondu trop sèchement tout à l'heure. J'étais pressé, mais cela ne justifie pas la manière dont je vous ai parlé. Je suis désolé. »

On peut aussi maintenir les limites pendant la réparation : « Je comprends que mon absence d'explication ait augmenté votre colère. Je suis désolé de ne pas vous avoir informé. En revanche, les insultes envers l'équipe ne peuvent pas être acceptées. »

Clé n°5 - S'appuyer sur l'équipe pour améliorer la relation soignant-soigné

Même lorsqu’elle se construit au cours d’un échange individuel, la relation soignant-soigné s’inscrit toujours dans un travail collectif. La qualité des transmissions, la cohérence des réponses apportées au patient et la capacité à passer le relais peuvent renforcer la confiance… ou, au contraire, fragiliser une relation déjà difficile.

Transmettre des informations utiles, pas des jugements

Dans les transmissions soignantes, mieux vaut décrire des faits observables plutôt que coller une étiquette au patient. Des termes comme « capricieux », « non compliant » ou « manipulateur » traduisent un jugement et risquent d’influencer négativement les professionnels qui prendront ensuite le relais.

Les transmissions peuvent au contraire préciser ce qui inquiète le patient, ce qu’il n’a pas compris, ce qui l’apaise, la manière dont il préfère communiquer, les limites déjà posées ou les solutions qui lui ont été proposées.

Ainsi, plutôt que d’écrire : « Patient agressif et manipulateur », il est plus utile d’indiquer : « Hausse le ton lorsqu’il ne connaît pas le délai d’attente. S’apaise lorsqu’un horaire précis lui est communiqué. Souhaite être prévenu avant chaque geste. »

Cette formulation donne à l’équipe des repères concrets pour adapter sa posture, sans enfermer le patient dans une image négative avant même le premier échange.

Ce qui est écrit peut-être lu par un patient qui demande accès à son dossier. Les transmissions écrites font partie intégrante du dossier médical et peuvent être lues par un patient qui demande l'accès à son dossier. Depuis la loi du 4 mars 2002 (loi Kouchner), le patient dispose d'un droit d’accès direct à l’ensemble des informations formalisées concernant sa santé.

Harmoniser les réponses et demander un relais

La confiance se fragilise quand un professionnel autorise ce qu'un autre interdit, quand les explications se contredisent, quand les limites diffèrent selon la personne présente.

L'équipe doit s'accorder sur les informations transmises, les limites, les possibilités de négociation, la manière d'accompagner un refus.

Passer le relais n'est pas un échec. C'est nécessaire quand le professionnel se sent trop impliqué, redoute chaque rencontre, perd patience, ne peut plus maintenir le cadre ou se sent personnellement attaqué.

Clé n°6 - Développer ses compétences relationnelles sans rechercher la perfection

Même avec de l’expérience, il arrive de sortir d’une chambre en se demandant si l’on a trouvé les bons mots ou adopté la bonne attitude. L’objectif n’est pas de ne jamais se tromper, mais de savoir revenir sur une situation difficile pour mieux comprendre ce qui s’est joué dans la relation soignant soigné.

Cinq questions à se poser après une situation difficile :

1. Qu'est-ce qui a déclenché la tension ? (Un refus ? Une demande ? Une émotion visible ?)
2. Qu'est-ce que le patient cherchait peut-être à exprimer ou à protéger ? (Peur ? Besoin de contrôle ? Incompréhension ?)
3. Qu'ai-je ressenti personnellement ? (Agacement ? Peur ? Impuissance ? Frustration ?)
4. Ma réponse a-t-elle permis le dialogue ou renforcé le rapport de force ? (Ai-je écouté ? Ai-je expliqué ? Ai-je imposé ?)
5. Que pourrais-je faire différemment au prochain échange ? (Écouter avant ? Proposer des choix ? Chercher le vrai obstacle ?)

Cette pratique régulière transforme les situations difficiles en opportunités d'apprentissage, plutôt qu'en sources de culpabilité.

En conclusion : préserver la relation soignant-soigné au-delà du refus

Revenons à la scène d’ouverture. Après avoir été écouté, mieux informé ou soulagé par un traitement antalgique, le patient acceptera peut-être finalement le soin. Il peut aussi maintenir son refus.

Dans les deux cas, la qualité de la relation soignant-soigné ne se mesure pas uniquement à la réalisation du geste. Elle tient aussi à la capacité du professionnel à informer sans contraindre, à écouter sans promettre l’impossible, à respecter sans abandonner et à poser des limites sans humilier.

Elle suppose également de reconnaître ses propres émotions, de solliciter l’équipe lorsque la situation se bloque et de préserver la possibilité d’un nouvel échange. Ou encore de vous confier à l’écoute de Thadeo.

Une relation de soin réussie n’est pas nécessairement une relation sans refus, sans tension ni maladresse. C’est une relation dans laquelle le dialogue peut se poursuivre, se réajuster voire même, se réparer.

FAQ – Vos questions quand un stage infirmier se passe mal

“Que faire si mon stage infirmier se passe mal dès la première semaine ?”

Tu fixes les bilans, tu clarifies tes objectifs sur une page, tu demandes un feedback court et fréquent. Si tu repères du harcèlement, tu alertes immédiatement l’IFSI.

“Combien de temps attendre avant de dire que mon stage infirmier se passe mal ?”

Attendre 7 à 14 jours pour distinguer le stress d’adaptation qui est normal du blocage qui l’est moins... Bien entendu, en cas de maltraitance, harcèlement, discrimination ou mise en danger, tu dois réagir tout de suite !

“Je suis en difficulté en stage infirmier : comment prouver que je progresse ?”

Avec ton portfolio : trace des actes, analyse des situations, fixe des objectifs, des feedbacks datés et des bilans cadrés.

“Mon tuteur ne m’encadre pas : que faire ?”

Tu demandes explicitement un tutorat minimal (moments fixes, objectifs, retours). Ce n’est peut-être pas facile à demander pour toi, mais c’est essentiel pour la suite de tes études ! Si rien ne change, tu contactes le référent pédagogique de l’IFSI pour une médiation.

“Je fais surtout des tâches d’aide-soignant : est-ce normal ?”

Aider l’équipe fait partie de la réalité, mais ton stage doit rester une formation en soins infirmiers. Tu peux rappeler tes objectifs centrés sur le rôle infirmier (raisonnement, soins, traçabilité, qualité des soins) et demander des actes ciblés. C’est ton droit et même ton devoir en tant que futur infirmier/e.

“On veut me mettre ‘non acquis’ sans explication : ai-je le droit de demander des détails ?”

Oui. Une évaluation utile et factuelle est essentielle : situations, attentes, axes de progrès. Tu demandes des exemples précis et tu notes ce qui est dit.

“Je pense subir du harcèlement en stage infirmier : comment réagir sans aggraver ?”

Tu notes les faits (date, propos, témoins), tu évites la confrontation publique et tu alertes l’IFSI rapidement. Tu cherches du soutien (référent, formateur, santé étudiante).

“J’ai un mal-être avant d’aller en stage : dois-je consulter ?”

Si c’est juste un peu de stress, non. Si l’angoisse devient massive, si tu ne dors plus, si tu somatises, si tu te sens épuisé, oui. Protéger ta santé mentale est une priorité. N’hésite pas à lire notre article sur le stress des étudiants infirmiers.

“Est-ce que rater un stage peut m’empêcher d’obtenir le diplôme d’État ?”

Un stage non validé complique le parcours, mais il existe des solutions (remédiation, stage complémentaire, décisions pédagogiques). L’important est d’agir tôt et d’être accompagné.

“Comment parler à un cadre de santé sans me griller ?”

Pas de reproches ni de remarques de type émotionnel. Laisse tes émotions de côté et parle des faits et exprime une demande concrète. Tu ne critiques pas les personnes, tu demandes juste un cadre d’apprentissage (tutorat, bilans, objectifs, sécurité).

“Je suis en 3e année, je pense abandonner : est-ce normal ?”

Cela arrive plus qu’on ne le croit, surtout avec la fatigue des semestres, la pression du diplôme, et un terrain de stage difficile. Avant de prendre une décision définitive, active tes soutiens (IFSI, APP, santé étudiante…) et explore différentes options (médiation, espace de paroles, changement de stage, pause encadrée…).

Le stress étudiant infirmier peut-il entraîner des symptômes physiques ?

Oui : douleurs de dos, maux d’estomac, tensions, migraines, bouffées de chaleur, palpitations… Ces manifestations sont des signes que le système nerveux est en surcharge. Les écouter permet d’éviter que le stress ne bascule en épuisement.

Comment gérer le stress quand on travaille en parallèle de ses études ?

Cumuler études, stages et emploi augmente fortement la charge mentale. Prévoir des zones de récupération est essentiel : une matinée, une soirée, ou un bloc de quelques heures intouchable. Le but n’est pas de “tenir”, mais d’éviter la dette de fatigue qui rend tout plus difficile.

Comment savoir s’il est important de consulter un professionnel ?

Quelques signaux peuvent aider : pleurs fréquents, troubles du sommeil persistants, perte d’appétit, idées sombres, sentiment de ne plus arriver à récupérer, impression de fonctionner “en pilote automatique”, ou peur quotidienne d’aller en stage.
Si ces signes durent plus de deux semaines, consulter un médecin est recommandé. Cela ne remet pas en cause les études : c’est une manière de se protéger et de trouver comment mieux s’adapter.

Pour aller plus loin - Les textes de référence.

Que dit la loi sur le refus de soins ?
Un patient ne peut recevoir aucun soin sans avoir donné son accord, et il peut revenir sur sa décision à tout moment.
→ Lire l’article L.1111-4 du Code de la santé publique sur Légifrance

Comment bien informer un patient ?
La Haute Autorité de santé explique comment donner une information claire et adaptée à chaque patient, et comment vérifier qu’il l’a bien comprise.
→ Consulter la recommandation de la HAS

Comment signaler une agression subie au travail ?
L’Observatoire national des violences en santé, rattaché au ministère de la Santé, recense les violences subies par les soignants et explique comment les déclarer.
→ Voir la marche à suivre sur le site de l’ONVS

Les outils THADEO

Des outils gratuits à votre disposition

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