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Vie professionnelle/vie personnelle : comment trouver l’équilibre quand on est soignant ?

On dit souvent qu’être soignant est une vocation. Il est vrai que ce métier s’accompagne de renoncements et de sacrifices. N’avez-vous pas déjà dû renoncer à une fête de famille ou à un mariage parce que vous étiez de service ce jour-là ? Dans certains cas, ce tiraillement entre travail et vie privée va trop loin. Quels sont les signes qui doivent vous alerter? Comment poser des limites ? Comment retrouver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle quand on est soignant ? Voici quelques pistes pour réfléchir et agir.

Les signes qui doivent vous alerter

La vie professionnelle peut facilement envahir votre vie personnelle. À l’hôpital, la clinique ou dans le centre de soins où vous exercez, vous pouvez avoir l’impression qu’on exige trop de vous. Il se peut également que vous soyez trop exigeant envers vous-même.

Résultat ? Vous vous donnez sans compter pour que tout le monde soit satisfait et que rien ne puisse vous être reproché. Vous passez votre temps à rendre service et à accepter d’en faire toujours “un peu plus” pour vos collègues et vos patients. Pourtant, plus les mois passent, plus vous sentez que vos propres limites ont été franchies.

Si votre vie professionnelle a pris le pas sur votre vie personnelle, sachez que certains signes ne trompent pas et doivent vous alerter. Ils se manifestent essentiellement par des changements comportementaux.

  • Vous ne faites quasiment plus de pauses quand vous travaillez. Vos temps de répit sont réduits au strict minimum.
  • Les déjeuners et sorties avec vos amis ont drastiquement diminué. Même pendant les week-ends vous avez désormais tendance à rester enfermé chez vous ( même hors confinement obligatoire).
  • Votre sommeil et votre alimentation ont tendance à se dérégler. Vous dormez mal… et vous mangez mal.
  • Votre humeur est devenue très instable. Vous oscillez entre colère, tristesse et excitation, sans avoir aucun contrôle sur les émotions qui vous traversent.
  • Vous n’arrivez pas à vous déconnecter du travail. Même chez vous, vous continuez à rester en lien par e-mail ou autres avec vos collègues et parlez des patients et du travail.
  • Pour tenir la distance, vous buvez beaucoup de café. Vous avez peut-être également recours aux médicaments ou à l’alcool, voire à certaines drogues.

Si en lisant ces lignes, vous vous reconnaissez, et que vous avez décidé de prendre les choses en main, voici dix règles qui peuvent vous aider à rééquilibrer la balance.

Dix règles à appliquer quand la vie pro prend trop de place

Voici dix points de vigilance pour garder la bonne distance.

1. Faites le point régulièrement.

Où en êtes-vous aujourd’hui ? C’est une question que vous pouvez vous poser tous les trimestres. Vous pouvez également profiter de l’entretien annuel d’évaluation qui permet de faire le point sur l’année écoulée : ce qui a été fait, les projets réalisés, les difficultés rencontrées… C’est un temps favorable pour s’exprimer, voir si les objectifs ont été atteints et quels sont vos désirs pour l’année qui vient. Prendre du recul et relire ce qui a été vécu, permet de mettre dans la balance, les bénéfices et les inconvénients rencontrés au travail, et de réfléchir à ce qui vous convient, à votre équilibre personnel. Si le cadre de l’entretien annuel ne vous satisfait pas pour diverses raisons, n’hésitez pas à avoir recours à un tiers (ami, professionnel ou écoutant bénévole) qui pourra vous faire un feed-back, souvent très constructif.

2. Acceptez vos limites.

Celles-ci sont très différentes d’une personne à l’autre. Pour identifier les vôtres, posez-vous les questions suivantes : à partir de quel moment une situation ne me semble plus ajustée ? Dernièrement, dans quelles situations précises, cela a-t-il été trop loin ? Qu’est-ce que je n’ai pas accepté dans ces situations ? Essayez ensuite d’analyser les raisons qui vous ont conduit à franchir vos limites. Si vous êtes suffisamment lucide sur les mécanismes qui vous poussent à aller trop loin, alors une marge de manœuvre est possible. Faites-vous un point d’honneur à essayer de ne pas retomber dans les mêmes ornières. Si vous n’y voyez pas suffisamment clair, il peut être bon de demander l’aide d’un tiers pour avancer sur ce point.

3. Faites des pauses. 

Votre programme quotidien est peut-être devenu tellement chargé que vous êtes tenté de rogner sur vos temps de pauses. Résultat, vous passez d’une tâche à l’autre sans vous arrêter. Faites des pauses ! Et des pauses qualitatives ! Essayez de penser à autre chose qu’au travail dans ces moments. Autorisez-vous à sortir la tête de l’eau.

4. Identifiez vos priorités.

Dans votre travail, apprenez à repérer l’important, à distinguer l’essentiel de l’accessoire. Certaines tâches sont absolument indispensables tandis que d’autres peuvent être reportées, déléguées à quelqu’un d’autre voire supprimées. Dans la mesure du possible restez concentré sur l’essentiel. Vous ferez le reste si vous avez du temps.

5. N’outrepassez pas vos fonctions.

Il est important de savoir exactement ce qui relève de votre rôle, de votre métier, de vos fonctions. Tout le reste est probablement en trop. Avez-vous accepté des responsabilités qui sont trop lourdes pour vous ? Est-il possible d’en parler à votre supérieur pour redéfinir votre poste ? Etes-vous au-delà de vos fonctions volontairement ou parce que des membres de votre équipe médicale vous le demandent ? Un point de départ peut consister à relire à tête reposée votre contrat de travail. Il vous permettra d’analyser la situation à partir d’éléments objectifs.

6. Prenez des congés régulièrement.

C’est une évidence et la recette est parfois magique. Parsemez votre année de congés. Arrêtez-vous régulièrement et, surtout, coupez totalement avec votre travail lorsque vous êtes en vacances. Ces temps de repos sont indispensables pour tenir sur la durée. Ils permettent un ressourcement indispensable pour bien faire son travail.

7. Dites « non ».

Se permettre de dire non, se donner la permission de poser des limites et de les exprimer. Où en êtes-vous par rapport à cette question ? Etes-vous à l’aise pour dire “non” ou est-ce impossible pour vous ? Vous sentez-vous obligé de dire “oui” ? Pourquoi ? Et si vous osiez dire “non”, que se passerait-il ? Une première étape consiste à différer votre réponse. Au lieu d’acquiescer systématiquement à toute proposition, dites que vous avez “besoin d’un délai pour y réfléchir”. Vous verrez qu’il vous sera ensuite plus facile de dire “non”. Cela aidera aussi vos collègues et vos supérieurs à bien comprendre qu’on vous demande de faire quelque chose en plus, qui dépasse le cadre de vos compétences, de vos horaires de travail… de votre contrat. Souvent, vous constaterez que la personne qui vous a fait la demande aura déjà demandé à quelqu’un d’autre avant même que vous ne lui donniez votre réponse définitive.

8. Apprenez à vous arrêter.

Dans des métiers d’action, il est parfois difficile de s’arrêter car alors une fatigue immense peut survenir. Et ne plus agir peut nous démunir. S’arrêter est parfois extrêmement déroutant quand on en a perdu l’habitude. Pourtant, il est parfois nécessaire de savoir stopper son activité pour se recréer, se régénérer le corps et l’esprit.

9. Ne vous croyez pas irremplaçable.

C’est aussi une évidence. Et pourtant, il est bon de se le rappeler : le monde ne va pas s’arrêter de tourner parce que vous n’êtes pas là, parce que vous avez décidé de vous arrêter quelques heures ou de partir en vacances. Tout ne repose pas sur vous, sur vos épaules et votre engagement. Non, vous n’êtes pas indispensable. Votre hôpital, votre service, votre structure de soins est parfaitement capable de gérer votre absence. Heureusement !

10. Soyez honnête avec vous-même.

 Il arrive fréquemment aussi que la vie personnelle ne soit pas en adéquation avec ce dont vous avez besoin. Alors, naturellement, on se plonge dans le travail pour éviter d’assumer, de prendre les choses en main. Soyez donc très honnête avec vous-même sur ce point. Et si votre vie personnelle, affective et familiale, ne fonctionne pas, au lieu de fuir dans le travail, prenez le temps et les moyens de trouver un nouvel équilibre.

Trouver “le juste milieu” entre vie professionnelle et vie personnelle

Trouver le bon équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est un défi pour de nombreux soignants.

D’un côté, il faut préserver la vie personnelle. Pour soi, pour ceux qui nous entourent et aussi pour les soignés eux-mêmes. Il faut être attentif à sa propre vie privée, affective, familiale. Car l’équilibre individuel a une influence évidente sur tout l’entourage.

D’un autre côté, il faut aussi rester très investi dans la vie professionnelle. Être motivé, avoir envie d’aider, de soigner et aussi accepter d’en faire parfois plus par sens du devoir, amour du métier ou simplement parce qu’une situation d’urgence le requiert. Les métiers de la santé ne peuvent pas s’exercer de façon rigide et automatisée. Ils seraient alors vidés de leur sens.

Trouver la juste mesure et l’équilibre adéquat demande parfois des prises de position difficiles.

Par exemple, apprendre à dire “non” quand c’est trop pour soi n’est pas une tâche aisée car cela a une répercussion sur le service, la vie d’équipe et la solidarité intra-hospitalière. Et puis, “que va-t-on penser de moi ?” La culpabilité peut aussi nous assaillir. Comment trouver le juste milieu ?

De plus, en tant que soignant, vous avez certainement un sens très aiguisé du devoir et des responsabilités qui vous incombent. Comment dire non quand un patient vous appelle à l’aide hors de vos horaires ? Là encore, difficile de trouver un juste l’équilibre…

D’autres questions difficiles se posent également :

  • Comment maintenir son équilibre de vie quand les horaires de travail de nuit finissent naturellement par décaler l’organisme ? Et désorganiser la vie personnelle et familiale ?
  • Comment préserver sa vie privée, affective, familiale quand le serment d’Hippocrate nous lie ?
  • Comment être attentif à soi quand on entend à longueur de temps “ Un soignant ne compte pas ses heures ! ” “ Le dévouement des soignants est sans limites. ” Ou quand certains soignants se répètent à longueur de temps : « Ma bonté me perdra ! » ?
  • Comment partir à l’heure et respecter ses horaires, quand la journée a été remplie d’imprévus, de retards et que le travail n’est pas encore fini ? Comment gérer le manque de temps ?

Le juste milieu entre vie pro et personnelle est un équilibre complexe à trouver. Il est entre le « ni trop, ni pas assez ». Il est selon les moments de la vie, variable et unique pour chacun. Il n’est jamais définitivement trouvé mais il est à continuellement rechercher !

Il est le lieu où je me sens bien, en équilibre confortable entre ce que je dois faire et ce que je fais. C’est un lieu d’épanouissement où je me sens en accord avec mes forces et mes faiblesses. C’est un entre-deux ajusté qui me permet d’assurer mes responsabilités sereinement.

Le trouver est un chemin. C’est aussi un travail personnel qui prend du temps et demande souvent des efforts. Lorsqu’on est épuisé ou au bout du rouleau, il peut être difficile d’entamer une telle démarche pourtant nécessaire. Dans ce cas, il peut être bon d’avoir recours à un tiers.

L’importance du temps et de l’entourage pour (re)trouver l’équilibre

Si vous avez du mal à trouver un équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle, ne négligez pas les remarques de vos proches. Ils sont souvent d’excellents “détecteurs d’excès” avec leurs remarques comme : « On ne te voit plus. » « Tu n’es jamais là… ».

Il peut être bon de prendre un temps pour soi en parlant avec un tiers de ses difficultés à prioriser ou à savoir dire non.

Comment vivez-vous le rapport aux collègues quand vous avez à vous affirmer ? Comment est-ce que vous vivez votre travail quand vous sacrifiez un évènement familial ? Quels sont les sentiments qui vous habitent ?

Mettre des mots sur ce qui vous met en difficulté peut être bénéfique. Être écouté peut apporter une aide et un soutien précieux face aux difficultés et aux problématiques que vous rencontrez. Ne laissez pas s’installer une situation qui, de toute évidence, ne vous convient plus.

En même temps, soyez patients. Comme dit le dicton : « Paris ne s’est pas fait en un jour ». Trouver un juste équilibre prend du temps et peut-être aussi le travail de toute une vie. L’essentiel est déjà d’avoir conscience de ce qui m’est nécessaire, et d’apprendre à voir ce qui m’en éloigne. Aspirer à un équilibre de vie est le premier pas !

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